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HISTOIRE, PATRIMOINE , CULTURE , THEATRE...

17 Feb

Église Saint-Pierre-et-Saint-Phébade de Venerque ( 2eme PARTIE )

Publié par RACAUD

La construction de l'église actuelle

Les parties les plus anciennes de l'église ont été probablement commencées dès la donation aux moines de Saint-Pons-de-Thomières à la fin du xie siècle ou au début duxiie siècle( cf.article précédent) . On note comme principales parties :

* l'abside romane

*les deux absidioles (chapelle secondaire de petite dimension) qui l'encadrent, l'écran extérieur et intérieur. Les lignes générales sont de style romano-byzantin alors à la mode dans la région à cette époque

*des détails architecturaux qui ne trompent pas : archivoltes (ensemble des ornements, sculptures ou baguettes) , corniches, corbeaux, colonnes pilastres à l'extérieur comme à l'intérieur

*Des gargouilles (une partie saillante d'une gouttière destinées à faire écouler les eaux de pluie à une certaine distance des murs. Ce type d'ouvrage sculpté est souvent orné d'une figure animale ou humaine typique de l'art grotesque roman puis surtout gothique) et un clocheton(un pinacle qui prend la forme rappelée d'un clocher et n’a pas de cloches, même si ce petit corps est adossé au corps d'un grand clocher et qui a une fonction est ornementale...) étaient sans doute déjà présents

*Une porte romane à double vantail dont on aperçoit encore les traces s'ouvrait au bas de l'abside et permettait aux moines d'aller au couvent au chœur

L'église en cette fin de xiie siècle est un simple "rez-de-chaussée" des plus modestes selon l'expression du colonel Jaubart ,ALORS QUE DE NOS JOURS , ,La première impression en voyant le monument est celle de la puissance que dégage sa façade occidentale. Le flanc Nord offre une géométrie romantique de contreforts ( renfort de maçonnerie saillant et massif élevé sur la face extérieure d'un bâtiment voûté et qui sert à contenir les effets d'une charge ou de la poussée des arcs et des voûtes) ,mâchicoulis ( une structure de pierre faisant encorbellement, dotée d'ouvertures, et placée au sommet d'une tour ou d'une courtine, ce qui permet un tir fichant ) et échauguettes ( actuellement, le terme désigne la petite construction destinée à abriter, dans un château fort ou une fortification, le veilleur surveillant le pays sur un large horizon ). L'ensemble est dominé d'une haute tour pourvue d'un clocher-mur crénelé qui a la même dimension depuis le xve siècle. Il suscite d'emblée une véritable émotion interrogative.

Cette abbaye se serait trouvée adjacente à l'église actuelle dont les premiers travaux débutent en 1182. Cette année là, placée sous la dépendance de Saint-Pons-de-Thomières ( rappel ), elle voit ses ressources augmenter, ce qui rend possible des travaux d'agrandissement. Il en reste aujourd'hui les parties les plus anciennes de l'édifice : la partie basse du chevet, absides et les deux absidioles latérales qui datent de la première moitié du xiie siècle (~1120). On pourrait expliquer l'état incomplet du bas-côté méridional avant la restauration d'Alexandre Du Mège ( archéologue et historien français du xix eme siècle ) ) par la présence d'un cloître au sud de l'église. De plus, il existe des vestiges de piliers, d'un puits profond et de nombreuses tombes.

Au xiiie siècle l'église romane est complétée, agrandie et surélevée d'une tour crénelée. C'est la brique qui est maintenant utilisée à la place de la pierre. Ceci provoque un contraste de matériaux intrigant . La construction du clocher-mur date vraisemblablement de cette époque.

L'abbaye de Saint-Pons s'est très certainement dessaisie d'une grande partie de ses biens et ceux-ci passent alors dans les mains de seigneurs. L'un d'eux, Raymond de Falgar, aurait fait ériger les fortifications de l'église en 1360 lorsqu'il organise la défense du Languedoc contre les Anglais.

La surélévation qui daterait de la fin du Moyen Âge a notamment permis de conserver la couverture en brique en place sur l'abside romane.

À la fin du xve siècle, elle abrite une communauté religieuse active et prospère. Elle possède le plus riche trésor de la contrée après celui de la Basilique Saint-Sernin de Toulouse avec de précieuses reliques( cf .prochain article). Des travaux sont effectués sur l'église pour lui donner une majesté conforme à son rayonnement. On l'agrandit, on voûte la première travée de la nef et on construit un puissant contrefort le long du mur Nord. Il y a alors trois voûtes sur croisée d'ogives constituant ainsi un transept. On rehausse le clocher et la tour du chevet devient plus imposante. Enfin on bâtit les deux dernières travées de la nef centrale et le portail. En ce xve siècle, si le transept et sa croisée sont voutées avecogives et tiercerons, l'ensemble de l'église n'est pas totalement vouté et cette opération ne sera achevée qu'en 1841. La surélévation de l'abside pourrait dater du xve siècle. La couverture en briques serait donc médiévale, un ouvrage rendu exceptionnel par son ancienneté et son très bon état de conservation.

Par miracle elle échappe aux pillages et destructions des guerres de religion grâce au talent de conciliateur de Jean de Mansencal. Malheureusement, lors de la Révolution, une grande partie du mobilier et du trésor disparaissent.

En 1818, on construit un presbytère contre l'église avec une salle de mairie attenante....

Peu de travaux sont effectués jusqu'en 1840 et l'église a besoin d'être rénovée. Auparavant, en 1830, l'inspecteur des Antiquités de la Haute-Garonne, Alexandre Du Mège, vient à Venerque et est enthousiasmé par le monument. Aidé par l'abbé Lassalle, il entreprend un programme de rénovation ambitieux. Il se focalise sur l'abside et les deux chapelles latérales qu'il interprète comme étant de style byzantin ou néo-grec. Il veut dépouiller l'édifice des rajouts successifs apportés au cours des siècles pour rendre au monument son caractère initial qu'il croit d'art byzantin. Il va surtout s'intéresser à la décoration intérieure de l'église pour lui redonner son caractère "carolingien" (cf. prochain article). Des travaux sur le chevet dirigés par Alexandre Du Mège portent sur les vitraux, les fresques et les sculptures.

En 1844, l'abbé Lassalle achète des cloches pour remplacer celles qui ont été fondues à la Révolution et reconstitue ainsi le carillon de 14 cloches. En 1914 on y sonne pour la première fois La Marseillaise. Il a été rénové et électrifié en 1961. Puis un système moderne a été mis en place en 2010.

En 1851, en pleine ébullition intellectuelle, Alexandre Du Mège décide d'accentuer l'aspect militaire de l'architecture de l'église. En 1853, sous la conduite de l'architecteJacques-Jean Esquié, on pose le carrelage de la nef et la toiture du chœur. Ce n'est qu'en 1896-97 que son fils Pierre Esquié, organise la surélévation des trois niveaux pour recevoir trois toitures indépendantes et la fortification indépendante, le toit actuel et les fortifications sont construits. Ainsi ce n'est qu'à la fin du xixe siècle qu'elle prend la forme qu'on lui connait aujourd'hui.

En 1965 on démolit l'ancien presbytère attenant à l'église, pour percer la rue Jean Gilet. Cette opération dégage la face Nord de l'église et permet de mieux apprécier la majesté du monument (...)

Pour aller plus loin , des sources ( non exhaustives ) ont deja été cité lors du précédent article (...)

Venez visiter ce monument d ' exception !! je joins quelques photos !

Église Saint-Pierre-et-Saint-Phébade de Venerque ( 2eme PARTIE )Église Saint-Pierre-et-Saint-Phébade de Venerque ( 2eme PARTIE )
Église Saint-Pierre-et-Saint-Phébade de Venerque ( 2eme PARTIE )Église Saint-Pierre-et-Saint-Phébade de Venerque ( 2eme PARTIE )
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