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HISTOIRE, PATRIMOINE , CULTURE , THEATRE...

12 Jul

Jean Moulin , l ' autre héros

Publié par OLIVIER RACAUD

Jean Moulin , l ' autre héros

Nouveau " rendez-vous de l ' Histoire " , consacré ce jour à Jean Moulin , dont nous commémorons , ce mois-ci , le 77ème anniversaire de sa mort . 

 

Jean Moulin est né le 20 juin 1899 à Béziers où son père était professeur d'histoire et conseiller général radical-socialiste de l'Hérault.

 

 

Un enfant du Sud : 

 

Bachelier en 1917, il s'inscrit à la faculté de droit de Montpellier et entre parallèlement comme attaché au cabinet du préfet de l'Hérault.

                 Jean Moulin, jeune attaché au cabinet du préfet de l'Hérault ...

Jean Moulin est mobilisé en avril 1918 et envoyé dans les Vosges , quelques mois avant l ' armistice .

 

Une carrière remarquable :

 

Licencié en droit, il entre très tôt dans la carrière préfectorale : d'abord secrétaire général de Préfecture à Montpellier, il est en 1925 le plus jeune sous-préfet de France, à Albertville en Savoie. Il est successivement sous-préfet de Châteaulin (1930-1933), de Thonon (1933) puis secrétaire général de la Somme (1934-1936).

Il a connu une carrière politique remarquable : il est nommé ministre de l'Air dans le gouvernement du Front populaire d'où il s'engage dans l'aide clandestine à l'Espagne républicaine. Nommé préfet en mars 1937, il est, là encore, le plus jeune préfet de France et est nommé à Rodez en 1938 puis à Chartres l'année suivante.

 

Un patriote : 

 

Lorsque la guerre éclate, il veut rejoindre les troupes, mais il est maintenu en affectation spéciale à Chartres où il fait face à l'exode de la population. Le 17 juin 1940, il reçoit alors les premières unités allemandes ; les autorités d'occupation veulent lui faire signer une déclaration accusant des unités de tirailleurs africains d'avoir commis des atrocités envers des civils à Saint-Georges-sur-Eure, en réalité victimes des bombardements allemands.

Maltraité et enfermé parce qu'il refuse de signer, il se tranche la gorge. Soigné in extremis par les Allemands, il reste à son poste avant d'être, comme préfet de gauche, révoqué par Vichy début novembre ; il part pour la zone sud, s'installe dans la maison familiale de Saint-Andiol (Bouches-du-Rhône) et prend contact avec les principaux mouvements de résistance de zone sud.

 

Le résistant : 

 

En septembre 1941 , il part pour Londres où il rencontre le général De Gaulle qui le charge d ' unifier la résistance et de créer une armée secrète 

Avec des moyens financiers et de transmission, Jean Moulin est parachuté sur les Alpilles le 2 janvier 1942 à 3h30 du matin.

Il installe son Q.G. à Lyon.

Délégué général du général de Gaulle, "Rex", alias Moulin, commence à oeuvrer en zone sud. Il rencontre Henri FrenayEmmanuel d'Astier et Jean-Pierre Levy, respectivement responsables des trois principaux mouvements de la zone sud que sont :

-  Combat,

-  Libération  

Franc-Tireur

Il leur apporte une aide financière et parvient, non sans mal, à aplanir leurs différends. Son action aboutit, en octobre 1942 à la création de l'Armée secrète (AS), qui est la fusion des groupes paramilitaires de ces trois grands mouvements, dont le commandement est confié au général Delestraint puis, au début de l'année 1943, à la création des Mouvements unis de Résistance (MUR) .

 

En février 1943, Jean Moulin se rend à nouveau à Londres où il rend compte de sa mission et est décoré par le général de Gaulle de la Croix de la Libération .

Jean Moulin devient  le grand et l ' unique représentant du général de Gaulle pour la Résistance.

                      

 

Un chef :

 

Ses efforts dans toutes les directions, malgré certaines réticences, aboutissent bientôt à la constitution du Conseil national de la Résistance (CNR) dont la première réunion se tient  . Il s'agit d'un conseil réunissant les responsables de mouvements de résistance des deux zones mais aussi des responsables politiques et syndicaux.

 

Dans le but d'organiser rapidement la relève à la tête de l'Armée secrète qui vient d'être décapitée par l'arrestation à Paris du général Delestraint, Moulin en convoque les responsables pour le 21 juin 1943 à Caluire, près de Lyon, chez le Docteur Dugoujon. Mais à la suite de dénonciations, la police de sécurité allemande (SIPO-SD) menée par Klaus Barbie intervient : tous sont arrêtés et emmenés à la prison du Fort Montluc , devenu aujourd ' hui un mémorial

( photo ci-dessous ) .

              Fort Montluc - Les 37 cellules restaurées - A droite Jeanine Sontag Prison Montluc – A gauche, les 37 cellules restaurées – A droite, la résistante Jeanine Sontag, passée par la Prison Montluc, torturée par la Gestapo puis fusillée le 20 août 1944 à l’âge de 19 ans .

 

Un héros :

 

Interrogé par Barbie qui l'identifie après deux ou trois jours, Jean Moulin ne dit rien. Il est transféré début juillet avenue Foch à Paris puis dans une villa de Neuilly, où la Gestapo avait coutume "d'interroger" des personnalités importantes ; sans que l'on sâche réellement si c'est à cause des tortures subies ou parce qu'il a tenté de se suicider, son état de santé est désespéré. C'est vraisemblablement pour tenter de le soigner et de le conserver comme otage qu'il est transféré en Allemagne. C'est dans le train, quelque part entre Metz et Francfort, alors qu'il n'a déjà plus figure humaine, qu'il meurt le 8 juillet 1943.

 

Ses cendres, jusqu'alors déposées au Père Lachaise, ont été transférées au Panthéon le 19 décembre 1964.

 

                Le 17 juin 2014 a eu lieu à Paris la commémoration du 50e anniversaire de l'entrée de Jean Moulin au Panthéon, en présence de Kader Arif, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Défense, chargé des Anciens combattants et de la Mémoire.

 

N ' oublions jamais  !!

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